Copilot Studio en entreprise : quand l'utiliser, ce qu'il coûte, comment le gouverner
Copilot Studio en octobre 2026 : Agent Builder ou Studio, prix des crédits en exemples, données, sécurité et gouvernance. Sources Microsoft vérifiées le 14/10.
Copilot Studio est l’atelier de Microsoft pour construire des agents, c’est-à-dire des assistants qui ne se contentent pas de répondre : ils lisent vos documents, enchaînent des étapes et peuvent agir dans vos logiciels.
Construire un agent ne demande plus de compétence technique : Agent Builder, intégré à Microsoft Copilot, le crée à partir d’une description en langage naturel, « without any code » (« sans aucun code »), selon Microsoft.
La difficulté porte sur ce qui vient ensuite : qui s’en sert, ce qu’il a le droit de modifier, et qui paie sa consommation. Ce guide, à jour au 14 octobre 2026, rassemble les faits vérifiés dans la documentation de Microsoft et une méthode de décision.
L’essentiel en six points
- Un agent pour vous ou votre petite équipe se construit dans Agent Builder, sans Copilot Studio. Pour décider en trois questions, allez directement à la partie pratique.
- Copilot Studio se justifie dès que l’agent sert au-delà d’une petite équipe ou qu’il agit sur un logiciel : créer un ticket, valider une demande, écrire dans un outil métier.
- Un agent consomme des crédits, une monnaie interne prépayée, à environ 0,7 centime HT l’unité en France. Une question posée à un agent qui fouille l’ensemble de vos données Microsoft 365 en coûte 12, soit un peu plus de 8 centimes.
- Un salarié titulaire de la licence Microsoft Copilot ne fait pas consommer de crédits sur les agents internes qu’il utilise dans Copilot Chat, Teams ou SharePoint. Un salarié sans licence, si.
- Un agent voit ce que voit son utilisateur : un site SharePoint trop largement partagé devient une fuite dès qu’un agent le lit.
- Un document piégé peut détourner l’assistant : un chercheur a montré en juillet 2026 une instruction cachée dans un fichier Word, recopiée par Copilot dans les documents qu’il produisait.
Ce qu’est Copilot Studio en octobre 2026
Microsoft a renommé ses produits. D’après sa documentation sur la confidentialité, mise à jour le 8 octobre 2026, Microsoft 365 Copilot s’appelle désormais Microsoft Copilot, et Copilot Chat devient Microsoft Copilot Chat. Copilot Studio garde son nom.
Copilot Studio est un portail web distinct. Les agents qui y sont construits se publient ensuite dans Microsoft Copilot, Teams, SharePoint, un site web ou d’autres canaux. Ils se relient à vos logiciels par des connecteurs, des liaisons prêtes à l’emploi vers une application : messagerie, CRM, outil de tickets.
Chaque agent consomme des crédits Copilot. Ce sont des unités de compte que l’organisation achète à l’avance par packs mensuels ou règle à l’usage, et qui se décomptent à chaque réponse ou action de l’agent. Leur prix est détaillé plus bas.
Agent Builder ou Copilot Studio : trois questions
Microsoft propose deux outils de construction. Agent Builder est intégré à l’application Microsoft Copilot et s’utilise en langage naturel. Copilot Studio est l’atelier complet.
La documentation de Microsoft du 30 septembre 2026 recommande Agent Builder pour « quickly create an agent for yourself or a small team » (« créer rapidement un agent pour vous-même ou une petite équipe »), et Copilot Studio pour un service, toute l’organisation ou des clients externes.
La décision tient en trois questions.
| Question | Agent Builder suffit | Copilot Studio s’impose |
|---|---|---|
| Qui utilise l’agent ? | Vous, ou une petite équipe | Un service, toute l’organisation, des clients |
| Que modifie-t-il ? | Rien : il lit des documents et répond | Un logiciel : ticket, validation, outil métier, enchaînement de plusieurs étapes |
| Qui paie les crédits ? | Des salariés déjà titulaires de la licence Microsoft Copilot | Des salariés sans licence, un canal externe, des lancements automatiques |
Une seule réponse dans la colonne de droite suffit à justifier Copilot Studio. Ce qu’il apporte alors relève moins de la construction que du contrôle :
- des environnements séparés, des espaces de travail distincts pour construire (développement), essayer (test) et mettre en service (production), comme pour un logiciel ;
- la gestion des versions de chaque agent ;
- le choix des connecteurs autorisés ;
- l’approbation de l’administrateur avant publication dans le catalogue de l’organisation.
Agent Builder a une limite nette : selon Microsoft, il ne permet pas d’ajouter des actions vers des services externes. Pour cela, l’agent se copie vers Copilot Studio, sans repartir de zéro.
À quoi ressemble votre premier agent
La documentation d’Agent Builder, mise à jour le 30 septembre 2026, décrit le parcours. Les intitulés ci-dessous sont ceux de l’interface anglaise, citée par Microsoft.
- Ouvrir Agent Builder. Dans l’application Microsoft Copilot, choisissez « New agent » (« Nouvel agent »). L’écran propose de décrire l’agent en conversation, de le configurer à la main ou de partir d’un modèle.
- Décrire l’agent. Par exemple : « Réponds aux questions des nouveaux arrivants à partir de notre livret d’accueil et de la procédure de congés, et cite le document source. » Agent Builder remplit lui-même le nom, la description, les instructions et les suggestions de questions.
- Vérifier la configuration. L’onglet « Configure » (« Configurer ») affiche ce qui a été rempli. Ajoutez les sources par le bouton « + » : un site ou un dossier SharePoint précis, des fichiers, un site web public. Les instructions acceptent jusqu’à 8 000 caractères.
- Tester avant de partager. L’onglet « Try it » (« Essayer ») donne une version de l’agent à interroger. Posez-lui les questions réelles de l’équipe, vérifiez les sources citées, puis créez l’agent et partagez-le.
Ce que coûte ce premier agent
D’après la documentation de facturation de Microsoft, un agent créé dans Agent Builder ne paie pas ses réponses générées tant qu’elles ne s’appuient pas sur l’ancrage Microsoft Graph.
Un agent qui répond à partir de ses instructions et de sites web publics est gratuit pour tous les utilisateurs de Copilot Chat. Dès qu’il lit SharePoint pour un salarié sans licence, la consommation est facturée.
Ce que coûte un agent : les crédits traduits en exemples
Les licences
D’après les pages tarifaires françaises de Microsoft consultées le 14 octobre 2026 (entreprise, offres) :
- Microsoft Copilot : 26,00 € HT par utilisateur et par mois en paiement annuel, 27,30 € HT en paiement mensuel sur un abonnement annuel ;
- Copilot Business, pour les offres Microsoft 365 Business : 15,60 € HT par mois en paiement annuel, prix promotionnel valable jusqu’au 31 décembre 2026 au lieu de 18,20 €, et 21,84 € HT en paiement mensuel ;
- Microsoft Copilot Chat : sans surcoût avec un abonnement Microsoft 365 éligible.
Le prix des crédits
Depuis le 1er septembre 2025, les agents consomment des crédits Copilot. La page tarifaire française affiche un pack de 25 000 crédits à 173,30 € HT par mois, soit 0,0069 € par crédit.
Le paiement à l’usage passe par un abonnement Azure, à 0,01 $ par crédit selon la documentation des compteurs. Au prix américain du pack, 200 $ pour 25 000 crédits, soit 0,008 $ le crédit, l’usage coûte 25 % de plus que le pack (0,01 ÷ 0,008 = 1,25).
Le barème
Selon la même documentation de facturation, mise à jour le 1er octobre 2026 :
| Ce que fait l’agent | Crédits |
|---|---|
| Réponse rédigée à l’avance par le créateur | 1 |
| Réponse générée par le modèle | 2 |
| Action d’agent : déclencheur, raisonnement approfondi, passage d’un sujet à l’autre | 5 |
| Ancrage sur Microsoft Graph, la recherche dans l’ensemble des données Microsoft 365 | 10 |
| 100 actions de flux d’agent | 13 |
| Raisonnement approfondi, par tranche de 1 000 jetons, les unités de texte traitées par le modèle | 10 de plus |
Un déclencheur est l’événement qui lance l’agent : une question, un courriel reçu, une heure fixe. Un flux d’agent est une suite d’étapes automatiques que l’agent fait exécuter sans réfléchir à chacune, par exemple enregistrer une demande puis prévenir un valideur.
Les crédits non consommés ne sont pas reportés au mois suivant. À 125 % de la capacité prépayée, les agents sont désactivés jusqu’à l’ajout de crédits, sauf si un paiement à l’usage prend le relais.
Qui fait consommer des crédits
La réponse dépend de la licence de la personne qui utilise l’agent.
- Un titulaire de la licence Microsoft Copilot ne fait pas consommer de crédits quand il utilise un agent interne dans Copilot Chat, Teams ou SharePoint, et que l’agent agit sous son identité. Microsoft parle d’une limite d’usage raisonnable, sans en publier le seuil, et se réserve de la faire évoluer.
- Un salarié qui n’a que Copilot Chat gratuit fait consommer des crédits dès que l’agent lit des données partagées de l’organisation, SharePoint ou connecteurs, d’après la page de Microsoft sur les agents de Copilot Chat. Ces agents sont désactivés par défaut ; l’administrateur doit les activer et rattacher un moyen de paiement. Seuls les agents fondés sur des instructions et des sites publics restent gratuits.
- Trois cas restent payants même avec la licence : les agents qui pilotent un ordinateur, les flux lancés par un autre déclencheur que « When an agent calls the flow » (« quand un agent appelle le flux »), et les agents lancés par un événement sans utilisateur connecté, qui n’agissent sous l’identité de personne.
Exemple 1 : un agent d’accueil RH ancré sur SharePoint
Les calculs appliquent le barème au prix du pack en France. L’agent sert 400 salariés sans licence qui posent chacun 8 questions par mois, soit 3 200 questions. Deux réglages sont possibles dans l’agent, et ils changent la facture.
- Une source SharePoint ciblée : le créateur ajoute, dans la page « Knowledge » (« Connaissances ») de l’agent, l’adresse d’un site ou d’une bibliothèque précise. Chaque question coûte une réponse générée, 2 crédits : 3 200 × 2 = 6 400 crédits par mois, dans un seul pack.
- L’ancrage Microsoft Graph : l’option « Tenant graph grounding with semantic search », dans les réglages « Generative AI » de l’agent, ajoute une recherche plus fine dans l’espace Microsoft 365 de l’organisation, que Microsoft appelle le tenant. Microsoft cite lui-même ce cas : 10 crédits d’ancrage et 2 de réponse, soit 12. Le calcul : 3 200 × 12 = 38 400 crédits.
À 38 400 crédits, un pack ne suffit pas : si cet agent est seul à consommer, le seuil de 125 %, soit 31 250 crédits, le coupe avant la fin du mois. Il faut deux packs, 346,60 € HT par mois. Le premier réglage de coût porte donc sur l’étendue des données que l’agent fouille.
Aucune action d’agent ne s’ajoute à ces questions : les exemples de facturation de Microsoft n’en comptent pas pour une simple recherche documentaire, et sa définition des actions vise les déclencheurs, le raisonnement approfondi et les changements de sujet.
Exemple 2 : le même agent dans un grand groupe
Pour 2 600 salariés sans licence, à 8 questions par mois et avec l’ancrage Graph : 2 600 × 8 × 12 = 249 600 crédits. Il faut dix packs, 1 733 € HT par mois. Sans l’ancrage Graph, 41 600 crédits, deux packs. Dans ces exemples, le coût suit la population sans licence, pas le nombre d’agents.
Exemple 3 : un agent de demandes d’achat
L’agent répond une fois puis exécute trois actions : 2 + 3 × 5 = 17 crédits par demande, soit 10 200 crédits pour 600 demandes de salariés sans licence.
Pour des titulaires de la licence qui l’utilisent dans Teams, la consommation tombe à zéro, à une condition : le flux qui enregistre la demande dans l’outil d’achat doit être lancé par l’agent.
Un flux lancé chaque nuit pour traiter les demandes en attente est facturé, 13 crédits par tranche de 100 actions.
Exemple 4 : un agent client sur votre site web
Microsoft prend dans sa documentation l’exemple d’un agent qui donne en moyenne quatre réponses prédéfinies et deux réponses générées par conversation : 4 × 1 + 2 × 2 = 8 crédits. À 300 conversations par jour sur 30 jours, 72 000 crédits : trois packs, soit 519,90 € HT par mois.
Si vous construisez un agent pour vous ou votre équipe, vous pouvez vous arrêter ici : Agent Builder et votre licence suffisent. La suite s’adresse aux DSI, aux RSSI (responsables de la sécurité des systèmes d’information), aux DPO (délégués à la protection des données) et aux responsables de déploiement.
Les moteurs d’exécution et les nouveautés de l’été
Trois moteurs
Chaque agent de Copilot Studio tourne sur un moteur d’exécution, que Microsoft appelle harness : la couche logicielle qui décide quand appeler le modèle, quels éléments lui transmettre et quels outils déclencher. La page de Microsoft sur les moteurs, datée du 21 septembre 2026, en distingue trois.
| Moteur | Ce qu’il fait | Usage type |
|---|---|---|
| GitHub Copilot | Décompose un objectif en étapes, crée et modifie des fichiers Word, Excel, PowerPoint et PDF, utilise skills et mémoire | Traiter des factures et les rapprocher des bons de commande |
| Standard | Suit les sujets, les règles et les chemins définis par le créateur | Un guichet d’assistance interne aux réponses prévisibles |
| Copilot Chat | Relie les connaissances de l’organisation à Microsoft Copilot Chat | Un agent d’accueil des nouveaux arrivants |
Malgré son nom, le moteur GitHub Copilot n’envoie pas les données au service GitHub Copilot : Microsoft précise qu’il en partage seulement la technologie.
Le barème ci-dessus vaut pour le moteur standard. Le moteur GitHub Copilot obéit à une autre facturation : les crédits couvrent les jetons, les outils et le moteur lui-même, et la facturation commence dès la construction, essais compris.
Microsoft ne publie pour ce moteur que des fourchettes par complexité de tâche et un outil d’estimation ; un pilote de quelques semaines donne la consommation réelle.
Ce qui a changé depuis l’été
Une fonction en préversion est ouverte à l’essai, sans engagement de stabilité ; en disponibilité générale, elle est prévue pour la production. Selon les notes de version de Copilot Studio et le billet de Microsoft du 2 septembre 2026 :
- le moteur GitHub Copilot et les skills sont en disponibilité générale depuis août ; un skill est une fiche de consignes réutilisable, ajoutée à plusieurs agents ;
- la mémoire, les agents connectés et Work IQ sont en préversion ; Work IQ donne à l’agent le contexte des courriels, réunions, fichiers et conversations Teams ;
- chaque nouvel agent reçoit automatiquement une identité Microsoft Entra depuis juillet 2026, Entra étant l’annuaire d’identités de Microsoft ;
- la construction d’applications arrive en préversion dans Copilot Studio, et la commande
/appdans Copilot Cowork est ouverte par le programme Frontier, le programme d’accès anticipé de Microsoft, selon l’annonce du 10 septembre.
Les données : permissions, Purview, EU Data Boundary
Un agent voit ce que voit son utilisateur
Microsoft l’écrit : Microsoft Copilot « only surfaces organizational data to which individual users have at least view permissions » (« ne fait remonter que les données de l’organisation que l’utilisateur a au moins le droit de consulter »). Pour Agent Builder, Microsoft résume le principe en « no new privileges », aucun droit nouveau.
Ce principe protège contre l’intrusion, pas contre le désordre existant. Un site SharePoint ouvert à « tout le monde » par négligence devient lisible par tous les agents de l’organisation. Le nettoyage des partages précède le déploiement.
Ce que Microsoft garantit
- Pas d’entraînement : les demandes, réponses et données lues par Microsoft Graph ne servent pas à entraîner les modèles.
- Purview, la suite de conformité de Microsoft : les étiquettes de confidentialité et le chiffrement qu’elles posent sont respectés, les échanges avec Copilot sont consultables et soumis aux règles de conservation.
- La DLP par environnement : dans Copilot Studio, les règles de prévention des fuites de données (data loss prevention), qui classent les connecteurs et peuvent interdire d’en combiner certains, s’appliquent à chaque environnement, avec les droits et l’audit. L’administrateur choisit les connecteurs autorisés.
EU Data Boundary : l’exception des modèles d’Anthropic
L’EU Data Boundary est l’engagement de Microsoft de traiter et stocker dans l’Union européenne les données de ses clients européens. Microsoft Copilot en fait partie.
Exception, d’après la page de Microsoft consacrée à Anthropic du 18 septembre 2026 : les modèles d’Anthropic employés par Microsoft sont exclus de l’EU Data Boundary. Ils sont désactivés par défaut dans l’Union européenne, l’AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse) et au Royaume-Uni ; un administrateur IA ou un administrateur général peut les activer, pour toute l’organisation ou pour certains groupes.
Certains modèles plus récents d’Anthropic, dits « avec conservation des données », relèvent des conditions d’Anthropic et non de celles de Microsoft : Anthropic conserve alors la plupart des échanges jusqu’à 30 jours. Ils exigent une activation distincte. Activer ces modèles est une décision du DPO autant que de la DSI.
La sécurité : injections par document et droits des agents
L’injection par document
Une injection de prompt est une instruction cachée dans un contenu, que l’agent lit et risque de suivre comme si elle venait de l’utilisateur.
Le 28 juillet 2026, le chercheur Håkon Måløy a publié une attaque contre Copilot dans Word, relayée par Simon Willison le lendemain. Des instructions en texte blanc sur fond blanc, invisibles à l’œil, sont lues par le modèle. Copilot les exécute, puis les recopie, toujours cachées, dans le document qu’il produit.
Dans sa démonstration, une fausse analyse de marché sert à rédiger un rapport trimestriel dont tous les chiffres sont divisés par deux. Un collègue part de ce rapport pour le trimestre suivant, et l’attaque se reproduit sans le document d’origine.
Selon l’auteur, Microsoft a été prévenu le 6 mars 2026 et a disposé de 144 jours.
Ses correctifs ont fermé les charges signalées et « meaningfully reduce exposure » (« réduisent sensiblement l’exposition »), mais « the vulnerability class therefore remains exploitable at the time of publication » (« la classe de vulnérabilité reste donc exploitable à la date de publication »).
Sa recommandation : « treating externally sourced documents as untrusted when used with Copilot » (« traiter comme non fiables les documents venus de l’extérieur quand ils sont utilisés avec Copilot »).
Microsoft indique de son côté des classifieurs contre ces injections, avec cette réserve : ils « may not be available in all Microsoft Copilot scenarios » (« ne sont pas forcément disponibles dans tous les scénarios »).
Les droits des agents
Un agent qui lit expose des données ; un agent qui agit peut en plus les modifier, les envoyer ou déclencher une opération dans un logiciel. Copilot Studio donne trois prises pour borner ces droits :
- l’identité Entra propre à chaque agent, qui permet de restreindre ses connecteurs et de lui appliquer l’accès conditionnel et les règles DLP, agent par agent ;
- le contrôle de l’affichage d’images et de liens intégrés dans les réponses, depuis août 2026, réglable par environnement, pour protéger les utilisateurs des contenus non fiables ;
- le plafond mensuel de crédits par agent, réglé dans le centre d’administration Power Platform, qui limite aussi le nombre d’actions d’un agent détourné.
Qui construit et qui valide dans l’organisation
Microsoft sépare deux consoles. Les agents d’Agent Builder se gèrent dans le centre d’administration Microsoft 365, rubrique Copilot > Agents : inventaire, blocage, suppression, partage. Ceux de Copilot Studio se gèrent dans le centre d’administration Power Platform : environnements, connecteurs, publication, consommation.
La répartition que Colombani.ai recommande :
| Rôle | Responsabilité |
|---|---|
| Le service métier | Propriétaire de l’agent : il définit le besoin, fournit les sources et valide les réponses |
| Le créateur | Construit dans l’environnement de développement, documente les sources et les actions |
| La DSI | Fait passer l’agent en test puis en production, choisit les connecteurs, fixe le plafond de crédits |
| Le RSSI et le DPO | Valident tout agent qui agit sur un logiciel, s’ouvre à l’extérieur ou change de modèle |
Colombani.ai recommande aussi de refuser la mise en production d’un agent sans propriétaire nommé. Sans propriétaire, un agent survit au départ de son créateur, continue de consommer des crédits et personne ne répond de ses erreurs.
Ce que font les autres éditeurs : Claude, ChatGPT, Mistral
Chaque éditeur propose aujourd’hui une manière de construire et de partager des agents.
- Claude et Cowork, chez Anthropic, confient à Claude une tâche complète sur vos dossiers et vos outils, avec des skills partagés dans l’organisation. Voir notre guide Claude Cowork, notre guide de déploiement de Claude en entreprise et notre guide des skills Claude.
- ChatGPT, chez OpenAI, propose un mode agent, des projets et des GPT ou agents partagés dans l’espace de travail, sur les offres Business et Enterprise.
- Mistral Vibe, anciennement Le Chat, regroupe consignes et bibliothèques de documents en agents, chez un éditeur européen, avec un déploiement sur site ou en cloud privé sur l’offre Enterprise.
Copilot Studio permet lui-même de choisir Claude Sonnet 5 ou GPT-5.5 Chat comme modèle principal, en disponibilité générale depuis juin 2026, et Mistral Medium 3.5 à titre expérimental depuis mai.
Le critère de choix tient aux données.
Si vos documents, vos identités et vos licences sont dans Microsoft 365, l’agent de service se construit dans Copilot Studio, parce qu’il hérite des permissions SharePoint, des étiquettes Purview et des règles DLP déjà en place.
Un autre éditeur se justifie par une tâche précise, par exemple un livrable long construit à partir de dossiers de fichiers, que Cowork prend en charge de bout en bout.
Par où commencer
Cinq étapes, dans cet ordre :
- Faire l’inventaire des agents déjà créés, dans Copilot > Agents du centre d’administration Microsoft 365, avant d’en autoriser de nouveaux.
- Passer chaque projet aux trois questions : qui l’utilise, ce qu’il modifie, qui paie les crédits. Une seule réponse « au-delà de l’équipe » oriente vers Copilot Studio.
- Nettoyer les partages SharePoint et poser les étiquettes Purview sur les sources que l’agent lira.
- Piloter un agent dans un environnement de développement, avec un plafond de crédits, et mesurer sa consommation réelle pendant un mois avant tout budget.
- Faire valider par le RSSI et le DPO tout agent qui agit, s’ouvre à l’extérieur ou emploie un modèle hors EU Data Boundary.
Pour aller plus loin :
- Pour les équipes métier sans profil technique, la formation Copilot fait travailler une journée avec Microsoft Copilot dans Word, Excel, Outlook et Teams, création simple d’un agent comprise.
- Pour aller plus loin sur les agents, la formation agents IA en entreprise fait configurer à chaque participant un agent sur ses propres tâches.
- Pour la DSI, la formation sécurité des agents IA traite l’injection de prompt, les permissions et la journalisation.
- Pour chiffrer un déploiement sur votre propre parc, licences, population sans licence, crédits et gouvernance, Colombani.ai conduit un cadrage au titre de la stratégie d’adoption de l’IA.
Colombani.ai est certifié Qualiopi au titre des actions de formation. Son fondateur, Ulysse Trin, est titulaire de la certification Claude Certified Architect Professional, délivrée par Anthropic, et de neuf certifications praticien délivrées par OpenAI.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que Copilot Studio ?
Copilot Studio est l'outil de Microsoft pour construire des agents d'entreprise : des assistants qui répondent à partir de vos documents, enchaînent des étapes et agissent dans vos logiciels par des connecteurs. Il s'utilise dans un portail web distinct de Microsoft Copilot, avec des espaces séparés pour construire, tester et mettre en service, et se pilote depuis le centre d'administration Power Platform. Microsoft le destine, dans sa documentation du 30 septembre 2026, aux agents d'un service, de toute l'organisation ou de clients externes.
Quel est le prix de Copilot Studio ?
Copilot Studio se paie en crédits Copilot, une monnaie interne que l'organisation achète à l'avance ou règle à l'usage, et que les agents consomment. Au 14 octobre 2026, Microsoft affiche en France un pack de 25 000 crédits à 173,30 € HT par mois, soit environ 0,7 centime par crédit. Le paiement à l'usage, par un abonnement Azure, coûte 0,01 $ par crédit, 25 % de plus que le pack au prix américain. Les crédits non consommés ne sont pas reportés. Une réponse générée coûte 2 crédits, une action d'agent 5, l'ancrage sur Microsoft Graph 10.
Copilot Studio est-il inclus dans Microsoft 365 Copilot ?
En partie. Selon Microsoft, la licence Microsoft 365 Copilot, renommée Microsoft Copilot et vendue 26,00 € HT par utilisateur et par mois en engagement annuel, inclut Agent Builder et Copilot Studio. Quand un titulaire de cette licence utilise un agent interne dans Copilot Chat, Teams ou SharePoint, sous sa propre identité, l'agent ne consomme pas de crédits, dans une limite d'usage raisonnable dont Microsoft ne publie pas le seuil. Les agents qui pilotent un ordinateur, les flux lancés autrement que par l'agent et les salariés sans licence consomment des crédits.
Faut-il choisir Agent Builder ou Copilot Studio ?
Microsoft recommande Agent Builder pour un agent destiné à soi-même ou à une petite équipe, qui répond à partir de documents existants, et Copilot Studio dès que l'agent sert un service entier, toute l'organisation ou des clients, ou qu'il enchaîne des étapes, demande des validations ou se connecte à des logiciels extérieurs à Microsoft 365. La décision tient en trois questions : qui utilise l'agent, ce qu'il modifie, et qui paie les crédits. Un agent créé dans Agent Builder peut être copié vers Copilot Studio.
Copilot Studio est-il conforme au RGPD, et où vont les données ?
Microsoft déclare Microsoft Copilot conforme au RGPD et à l'EU Data Boundary, le périmètre dans lequel il s'engage à traiter les données des clients européens. Les demandes, réponses et données lues par Microsoft Graph ne servent pas à entraîner les modèles. Exception notable au 18 septembre 2026 : les modèles d'Anthropic employés par Microsoft sont exclus de l'EU Data Boundary et désactivés par défaut dans l'Union européenne ; un administrateur peut les activer. La conformité dépend aussi des permissions SharePoint et des étiquettes Purview de l'organisation.
Existe-t-il une formation Copilot Studio ?
Colombani.ai, organisme certifié Qualiopi, propose une formation Copilot d'une journée pour les utilisateurs de Microsoft Copilot, qui comprend la création simple d'un agent, et une formation agents IA d'une journée où chaque participant configure un agent sur l'outil de son organisation, dont Microsoft Copilot. La formation sécurité des agents IA s'adresse aux DSI. La gouvernance de Copilot Studio, espaces de travail, connecteurs, crédits et validation, relève d'un cadrage de conseil distinct, chiffré sur le parc de l'organisation.